Guide IDEL · Exercer en société

SELARL et infirmière libérale : dans quels cas exercer en société ?

L’immense majorité des infirmières libérales exercent en nom propre, au régime BNC réel ou micro-BNC. Exercer en SELARL est possible, mais c’est un changement de nature : la société encaisse les honoraires, relève de l’impôt sur les sociétés et transforme votre revenu en rémunération de gérance et dividendes. Ce guide explique ce que cela change concrètement — et pourquoi Happy Idel s’adresse aux IDEL au BNC et micro-BNC.

À savoir avant de lire : Happy Idel est un copilote de trésorerie conçu pour les infirmières exerçant en nom propre (BNC réel ou micro-BNC). Les projections de cotisations URSSAF PAMC et CARPIMKO reposent sur le BNC et le Revenu Brut Social : elles ne s’appliquent pas à une gérante de SELARL, dont l’assiette sociale est sa rémunération de gérance. Une SCM reste compatible, puisque chaque associée garde son propre BNC.

Les structures possibles pour une infirmière libérale

  • Exercice en nom propre (entrepreneur individuel) : le cas général. Vos honoraires forment votre BNC, imposé à l’impôt sur le revenu ; les cotisations URSSAF PAMC et CARPIMKO se calculent sur ce revenu.
  • SCM (société civile de moyens) : ne partage que les moyens — local, matériel, logiciel, secrétariat. Chaque associée conserve sa patientèle, ses honoraires et son BNC. C’est la structure la plus répandue entre IDEL.
  • SCP (société civile professionnelle) : met en commun les honoraires, mais reste fiscalement translucide : chaque associée est imposée à l’IR sur sa quote-part de bénéfice, en BNC.
  • SELARL / SELARLU : société d’exercice libéral à responsabilité limitée, avec une seule associée pour la SELARLU. La société exerce la profession, encaisse les honoraires et relève en principe de l’impôt sur les sociétés.

SELARL : les conditions à respecter

  • Détention du capital : plus de la moitié du capital et des droits de vote doit appartenir à des infirmières exerçant au sein de la société. Le reste peut être ouvert, dans des limites strictes, à d’autres professionnelles de santé ou à d’anciennes associées.
  • Inscription à l’ordre : la société doit être inscrite au tableau de l’ordre national des infirmiers, en plus de l’inscription personnelle de chaque associée. Les statuts et les conventions liant les associées sont transmis à l’ordre.
  • Conventionnement : chaque infirmière reste conventionnée à titre personnel et doit respecter les conditions d’exercice et de zonage. La société ne dispense d’aucune de ces obligations.
  • Indépendance professionnelle : les décisions de soins restent celles de l’infirmière ; aucune clause statutaire ne peut y porter atteinte.

Ce que la SELARL change fiscalement

En nom propre, votre bénéfice est votre revenu : il est imposé à l’IR dans la catégorie BNC, que vous le preleviez ou non. En SELARL soumise à l’IS, deux niveaux se superposent :

  1. La société paie l’impôt sur les sociétés sur son bénéfice, après déduction de votre rémunération de gérance (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice sous conditions, 25 % au-delà).
  2. Vous êtes imposée personnellement sur votre rémunération de gérance (traitements et salaires) et sur les dividendes éventuels (prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ou barème sur option).

L’intérêt théorique : ne pas être imposée sur les bénéfices laissés dans la société. En pratique, il faut que votre revenu dépasse durablement votre besoin de rémunération, sinon le double étage coûte plus qu’il ne rapporte.

Ce que la SELARL change socialement

La gérante majoritaire de SELARL reste travailleur non salarié : elle cotise toujours à l’URSSAF PAMC et à la CARPIMKO. Ce qui change, c’est l’assiette :

Assiette sociale = rémunération de gérance + part des dividendes > 10 % du (capital social + primes d’émission + compte courant)

Vous pilotez donc votre assiette en arbitrant entre rémunération et dividendes — au prix, si vous minimisez la rémunération, de droits retraite CARPIMKO et d’indemnités journalières réduits. C’est un arbitrage de long terme, pas une optimisation annuelle.

Les coûts réels à ne pas sous-estimer

  • Rédaction des statuts, annonce légale, immatriculation, inscription de la société à l’ordre.
  • Comptabilité d’engagement (et non plus recettes-dépenses) : honoraires d’expert-comptable nettement supérieurs.
  • Comptes annuels à approuver et à déposer, assemblées, formalisme juridique permanent.
  • Commissaire aux comptes au-delà de certains seuils.
  • Sortie plus complexe : cession de parts, plus-values, liquidation.

Un ordre de grandeur souvent constaté : plusieurs milliers d’euros de surcoût annuel. C’est ce montant que le gain fiscal doit couvrir avant de parler d’économie.

Quand la SELARL n'a pas d'intérêt

  • Vous prélevez la quasi-totalité de votre bénéfice pour vivre : il n’y a rien à laisser dans la société.
  • Votre BNC est modéré ou irrégulier : le surcoût fixe pèse plus que le gain.
  • Vous démarrez votre activité : privilégiez la simplicité, le temps de stabiliser recettes et charges.
  • Vous cherchez seulement à partager des moyens : la SCM suffit et reste bien plus simple.

Avant toute décision, faites chiffrer les deux scénarios par un expert-comptable sur au moins trois exercices. Le bon indicateur n’est pas l’impôt d’une année, mais le revenu net disponible et les droits sociaux accumulés sur la durée.

Et Happy Idel dans tout ça ?

Happy Idel projette votre trésorerie mois par mois en calculant les provisions et régularisations URSSAF PAMC et CARPIMKO à partir de votre BNC et de votre Revenu Brut Social. Cette mécanique est celle de l’exercice en nom propre — BNC réel ou micro-BNC — et d’une associée de SCM, qui conserve son BNC.

En SELARL, l’assiette sociale n’est plus le bénéfice mais la rémunération de gérance : les projections de Happy Idel ne s’y appliquent pas. Si vous hésitez encore entre micro-BNC et BNC réel, le guide Micro-BNC vs BNC réel est le bon point de départ.

Questions fréquentes

Une infirmière libérale peut-elle exercer en SELARL ?
Oui. Depuis la loi du 31 décembre 1990 et l'ordonnance du 8 février 2023, les infirmières peuvent exercer en société d'exercice libéral, notamment en SELARL (ou SELARL unipersonnelle, la SELARLU). La société est inscrite au tableau de l'ordre national des infirmiers, et la majorité du capital et des droits de vote doit être détenue par des infirmières en exercice au sein de la société.
Quelle est la différence entre une SCM, une SCP et une SELARL ?
La SCM ne partage que les moyens (local, matériel, secrétariat) : chaque associée conserve ses honoraires et son BNC. La SCP met en commun les honoraires mais reste fiscalement translucide (imposition à l'IR dans la catégorie des BNC). La SELARL est une société de capitaux : elle encaisse les honoraires, relève en principe de l'impôt sur les sociétés, et l'infirmière est rémunérée en gérance et en dividendes.
Quel est le régime social de la gérante d'une SELARL infirmière ?
La gérante majoritaire reste travailleur non salarié : elle cotise à l'URSSAF PAMC et à la CARPIMKO. L'assiette n'est plus le BNC mais sa rémunération de gérance, augmentée de la part de dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant.
La SELARL fait-elle payer moins de cotisations ?
Pas mécaniquement. La SELARL permet de piloter l'assiette sociale en arbitrant entre rémunération et dividendes, mais elle ajoute l'impôt sur les sociétés, la fiscalité des dividendes (flat tax de 30 %), des frais de constitution, un commissaire aux comptes dans certains cas et une comptabilité d'engagement. L'intérêt apparaît généralement sur des revenus élevés et durables, et doit être chiffré avec un expert-comptable.
Happy Idel gère-t-il les SELARL ?
Non. Happy Idel est conçu pour les infirmières libérales exerçant en nom propre, au régime BNC réel ou micro-BNC. Le moteur de calcul projette les cotisations URSSAF PAMC et CARPIMKO à partir du BNC et du Revenu Brut Social, ce qui ne correspond pas à l'assiette d'une gérante de SELARL (rémunération de gérance et dividendes). Une SCM est en revanche compatible, puisque chaque associée conserve son propre BNC.

Vous exercez en nom propre ? Visualisez vos cotisations

Happy Idel projette provisions et régularisations URSSAF PAMC et CARPIMKO mois par mois pour les infirmières au BNC réel ou micro-BNC.

Sources officielles